Les parasites intestinaux chez l'enfant
- Nadège Marino Marra

- il y a 31 minutes
- 5 min de lecture
Les parasites intestinaux : toujours d’actualité, même
si on en parle moins de nos jours

La présence de parasites intestinaux dans le système intestinal est naturelle et présente chez tous, adultes et enfants. Ils semblent faire partie de l’équilibre de notre microbiote intestinal au même titre que les bactéries et les virus. Ils pourraient même avoir un effet bénéfique sur la réponse immunitaire et notre métabolisme selon des études récentes (1). Les problèmes apparaissent dans un contexte de dysbiose ou de déséquilibre de notre microbiote, lorsque la quantité de parasites devient excessive, voire migrent en dehors de la sphère digestive. Le système immunitaire n’arrive plus alors à faire face et à maîtriser la population de vers intestinaux qui peut se répandre dans tout l’organisme, comme le foie, les poumons, voire même jusqu’au cerveau dans les cas très graves.
Les vers intestinaux les plus courants, et notamment chez les enfants, sont les helminthes, dont font partie les oxyures (petits vers blancs d’environ ½ cm de long ressemblant à de tous petits asticots) et les ascaris (qui eux sont plus longs et peuvent faire de 15 à 35 cm de long). Il existe aussi le ténia, vers très long mais très rare chez les enfants. Dans tous les cas, les contaminations au ténia seront traitées par le médecin. Ces catégories de vers se diagnostiquent dans les selles et se voient à l’œil nu. Pour autant, une absence visuelle ne veut pas forcément dire qu’il n’y a pas de parasitoses.
Il y a une autre catégorie de parasites intestinaux, que l’on appelle les protozoaires, comme par exemple les amibes ou le blastocistis hominis, entre autres. Ce dernier ferait d’ailleurs partie lui aussi de notre flore intestinale commensale. Mais il semble aussi qu’il puisse générer des problèmes digestifs, et auraient un rôle notamment dans les maladies chroniques de l’intestin (MICI) ou le syndrome de l’intestin irritable (SII) (2). On peut trouver ces protozoaires dans les étangs par exemple, les cours d’eau, les rivières, marais et dans le sol en général. On peut aussi les attraper dans des aliments contaminés mal lavés, crus ou insuffisamment cuits. Les protozoaires ne sont pas visibles à l’œil nu et sont plus difficiles à diagnostiquer. Et on les retrouve en général plutôt chez les adultes, et sans nécessairement avoir eu besoin de voyager à l’étranger pour être contaminé !
Chez les enfants, à cause notamment de leur système immunitaire immature et/ou d’une alimentation déséquilibrée et souvent trop riche en glucides, laitages et sucres, la population de parasites à tendance à se multiplier au-delà de la norme et va créer des déséquilibres au niveau intestinal mais aussi au niveau d’autres organes ou systèmes, générant tout un tas de symptômes divers. Les plus courants étant des maux de ventre et troubles digestifs (selles boueuses et/ ou glaireuses, inflammation), du prurit anal et/ vaginal, voire des vaginites chez les petites filles, une irritabilité, surtout en fin de journée (l’enfant grognon), des troubles du sommeil (réveils nocturnes, surtout vers minuit, cauchemars, énurésie, grincement des dents en dormant, ….), fatigue, perte de poids, symptômes ORL récurrents et résistants parfois aux antibiotiques, etc… La liste des symptômes engendrés par les parasitoses est longue et peut toucher tous les systèmes !
La récurrence également d’épisodes infectieux chez l’enfant (normal dans la petite enfance) mais aussi chez l’adulte fragilisé par une hygiène de vie délétère ou des carences nutritionnelles, va venir affaiblir un peu plus le système immunitaire qui ne pourra pas être sur tous les fronts.
Il faut avoir conscience que la présence de parasites est le plus souvent asymptomatique ! Ou bien les symptômes peuvent être associés à d’autres troubles ou pathologies.
La contamination se fait en général au contact de personnes ou d’animaux déjà infestés par ces parasites (camarades à l’école ou la crèche, animaux de compagnie, poneys et chevaux, enfants, parents, conjoints dans la famille, par exemple, etc…). Mais aussi à partir d’aliments mal lavés par exemple. La re contamination peut avoir lieu aussi par l’enfant lui-même qui en se grattant la zone anale va ensuite porter des doigts à sa bouche et donc ré infester son tube digestif par les œufs « récoltés » sur la zone anale.
C’est pourquoi il est nécessaire d’agir en préventif et de vermifuger les enfants régulièrement. Il existe des vermifuges naturels à base de plantes par exemple à prendre à en cure de 2 à 4 fois par an. Les parents avaient d’ailleurs pour habitude autrefois de vermifuger les enfants au moins 2 fois par an jusqu’à l’âge adulte. Aujourd’hui, cette pratique a été oubliée, sans doute parce que les médecins ne le conseillent plus aux parents ces dernières années, et peut-être par la fausse idée que l’alimentation aseptisée d’aujourd’hui ne présente plus de risques. Grosse erreur ! On constate d’ailleurs actuellement de nombreux cas de parasitoses, souvent diagnostiquée tardivement car pas rechercher en première intention.
L’application et le respect de règles hygiéno-diététiques pour éviter les contaminations sont utiles. Ne serait-ce que par le lavage systématique des mains avant de manger, le lavage de tous les fruits et légumes consommés crus, la cuisson totale des aliments à risque et la consommation journalière d’ail, d’oignons et de graines de courge par exemple agiraient en prévention. Même si parfois cela n’est pas suffisant…
S’il s’avère donc nécessaire aujourd’hui de remettre en place ces pratiques de prévention auprès des enfants, il peut être judicieux de vermifuger les adultes exposés aussi. En effet, depuis quelques années, notre alimentation s’étant beaucoup appauvrie et déséquilibrée, souvent par la consommation excessive et journalière d’hydrates de carbone (glucides simples ou complexes, sucreries, boissons sucrées, etc…), aliments préférés des parasites intestinaux, associée à des conditions de vie stressantes qui fragilisent notre système immunitaire, on constate une recrudescence d’infestations aux parasites chez les adultes également. La consommation aussi très à la mode depuis quelques années de poissons crus (sushis, makis, etc…) et de viande crue (carpaccio, steack tartare) sont aussi un mode de contamination possible. Et la contamination des personnes par des protozoaires n’est pas sans conséquences sur la santé en générale. En effet, certaines études font des liens entre certaines pathologies endocriniennes par exemple et la présence de protozoaires (3).
En conclusion, au vu de la grande quantité de signes et symptômes associés possibles à une parasitose, pouvant faire partie d’autres pathologies ou dysfonctionnements physiologiques ou psychologiques, il est souvent conseillé dans tous les cas, de consulter un professionnel de santé et de procéder à un traitement des parasites pour renforcer l’organisme, peut-être affaibli par ces derniers. Et la prévention reste un atout plus que nécessaire dans cette thématique.
Demandez conseil à votre naturopathe, votre praticien de santé ou votre médecin pour savoir quel traitement vous pouvez utiliser et quels conseils appliquer en prévention.
Vous pouvez aussi vous référer à la fiche « Se vermifuger et vermifuger ses enfants » disponible dans l’espace adhérent afin d’obtenir plus de détails sur les symptômes possibles des parasitoses et sur les conseils à appliquer dans ces cas-là et en préventif.
MARINO MARRA Nadège – Heilpraktiker
Naturopathe généraliste
Naturopathie de l’enfant
Gestion du stress et des émotions
Éducation à la santé.
Membre du Réseau Naturopathie de l’enfant – Grandir au naturel
(1) PMCID : PMC5863236 NIHMSID : NIHSID58585 PMID : 28235148
(2) PMID : 17106862 et 15689092
(3) PMID: 33734654






Commentaires